L’œuvre écrite

« il faut donc qu’il y ait dans la ligne une vie parfaite et le sentiment de liberté»

Delacroix

Edité aux éditions Hyperion en 1952, la monographie de Jean Pellotier sur Delacroix est l’occasion d’une réflexion sur la couleur.

« la peinture n’est pas unifiante parla volonté ni justifiable par la règle de la couleur mais bien par celle de la sensation »

On trouve dans ce texte des éléments qui nous éclairent sur le rapport de l’auteur à la peinture :

  » s’il pouvait vivre seulement de peinture c’était la délivrance de ses maux. ».

«  Je crois à une certaine responsabilité du peintre. Il est responsable de ce que devient la peinture, c’est à dire l’intelligence et de la sensibilité de son époque, ses réactions devant la vie dans une certaine mesure.« 

couverture du Delacroix de Jean Pellotier

 

Cet homme qui reprochait à Rembrant de trop noyer dans l’ombre et qui admirait Veronese parce qu’il est le nec plus ultra du fini dans toutes les parties met tout son sublime dans la couleur « 
« Delacroix donne à la peinture la possibilité de poursuivre par introduction de la couleur. Sans doute, il réintroduit la couleur pour son compte et lui donne son sens personnel, mais même alors elle apparaît en quelque manière comme objective, parce qu’il veut traduire quelque chose qui le dépasse, parce que c’est la vie même, l’immense trame colorée de ses toiles ; cela est l’impressionnisme et toute la peinture française moderne qui seule subsiste et où la couleur par un renforcement de la tendance que ce génie
lui a donné devient créatrice de dimensions, et objet elle-même. ».

Jean Pellotier – DELACROIX

Goya et la peinture présente

 

Ecrit pendant les années 1951-1953 à son arrivée à Paris, le texte du Goya de Jean Pellotier est essentiellement une réflexion sur le sens de la Peinture.

C’est un texte foisonnant dont il existe quatre tapuscrits assortis d’iconographies provenant du Louvre , du Musée du Prado, et de divers lieux d’art qui dessinent ses voyages.

Associant les époques, depuis Lascaux, la Danseuse de Knossos, un masque votif de Sparte, des toiles de Soulages , des chapiteau du XII ème…, il convoque les chefs-d’œuvre de l’histoire des Arts,  cite des auteurs qui l’accompagnent depuis toujours : Stendhal, Le Rouge et le Noir , Nietzsche, mais aussi Jung,  ainsi que le texte de Malraux sur Les Dessins du Prado de Goya , paru en 1947.

Il dessine la constellation de l’univers pictural dans lequel il décide de se situer et questionne l’art avec passion, exprime, avec un mélange de grand sérieux et d’humour combien son époque lui semble complexe, sa boussole est le sublime.

 » La notion n’est pas limité à la notion d’objet , à la notion d’objet se mêle le sublime, le sublime est dans cette ligne qui délimite l’objet.(…) la sympathie avec une puissance que nous sentons terrible. »

« Rentrer en intimité avec le sujet et avec le temps cela ouvre de grandes possibilités pour le tragique. » 

Il analyse les mouvements artistique qui lui sont contemporain et formule son admiration pour SOULAGES, DE STAËL, et Hans HARTUNG.